<?xml version="1.0" encoding="ISO-8859-1"?>
<rss version="2.0">
<channel>
<title>Opinions idiotes</title>
<description>Péroraisons dérisoires et vilenies absurdes d'un butor prétentieux</description>
<link>http://animalcubique.zeblog.com/</link>
<language>fr</language>
<generator>ZeBlog.com</generator>

<item>
	<title>Le multiculturalisme est un racisme</title>
	<description><![CDATA[Paraît-il, le multiculturalisme c'est génial, mais en quoi l'Europe serait-elle plus multiculturelle aujourd'hui qu'hier ? Par exemple l'enseignement des langues anciennes est à peu près à l'agonie partout, pendant que l'enseignement des langues vivantes se réduit de plus en plus à l'enseignement de la seule langue anglaise. Regardez la programmation des cinémas et des chaînes de télé et vous verrez pour partie des programmes nationaux (quand il y en a encore) et des programmes américains, écoutez les stations musicales de radio et vous constaterez la même chose. La réalité c'est qu'en Europe nous assistons à une régression des échanges interculturels. D'ailleurs quand un magazine pour homme demande aux Européens le classement des dix femmes les plus sexy les vainqueurs sont tous des actrices cinéma ou télé américaines; idem quand on demande aux Européennes de classer les dix hommes les plus sexy.
&nbsp;
Par ailleurs je ne pense pas qu'il faille confondre l'immigration avec un facteur de multiculturalisme. D'abord parce que l'immigration suscite généralement de la xénophobie (quelque soit le lieu ou l'époque). Ensuite et surtout parce que les immigrés ou les ‘issus de l'immigration’ comme on dit finissent par se dissoudre dans la communauté nationale. Quand bien même une population immigrée influe sur la population du pays où elle s'installe elle finit toujours par être intégrée à la culture du pays. Si on mange autant de couscous que de cassoulet c'est parce que les pieds-noirs et les immigrés maghrébins ont emmené ce plat dans leur bagage, certes&nbsp;; il n'empêche qu'au final, aujourd'hui, le couscous est un plat national français au même titre que le cassoulet.
&nbsp;
En fait le multiculturalisme est le produit de la xénophobie et du racisme, ou plutôt son pendant dans les sociétés ouest-européennes. La survie d'une "culture" arabe en France n'est possible que parce que les «&nbsp;Arabes&nbsp;» (qui sont pour la plupart d’origine berbère&nbsp;!) sont construits par la société et la culture françaises comme différents, comme étrangers perpétuels, ou comme des Français mais des Français issus de l’immigration, ce qui est une manière polie et intellectuelle «&nbsp;de gauche&nbsp;» de dire qu’ils sont des étrangers. Voyez le cas Dieudonné M’Bala M’Bala, qui est d’origine mi-bretonne mi-camerounaise&nbsp;: personne ne le considère comme breton alors que la moitié de sa famille est bretonne, par contre en le considérant comme un Noir on le renvoie implicitement à sa moitié camerounaise. Objectivement cet homme a sans doute eu plus de rapports avec sa famille bretonne qu’avec sa famille camerounaise, culturellement il n’a sans doute aucun rapport avec sa famille camerounaise et beaucoup avec sa famille bretonne&nbsp;; pourtant s’il dit «&nbsp;je suis Breton&nbsp;» tout le monde éclatera de rire alors que s’il dit «&nbsp;je suis Camerounais&nbsp;» cela semblera naturel. C’est bien la société française qui crée Dieudonné camerounais et noir, c’est elle (c’est nous&nbsp;! –y compris les Dieudonné) qui lui assigne une «&nbsp;culture&nbsp;» différente alors que culturellement il n’est en rien différent d’un Dieudonné dont les deux parents auraient été des bretons émigrés dans la Région parisienne. Le jour où la société oubliera les «&nbsp;Arabes&nbsp;» ou les Noirs ceux-ci comme ceux-là disparaîtront et leurs supposées cultures avec eux&nbsp;; et les partis d’extrême droite en tireront sans doute un grand profit (notons que les leaders du Front National se nomment Le Pen, Gollnich, Lang et Martinez, patronymes assez peu gaulois…).
&nbsp;
Et pourquoi diable les individus seraient-ils porteurs de cultures simplement parce que, quelques générations auparavant, leurs ancêtres (c’est-à-dire toujours ou presque une partie de leurs ancêtres) vivaient hors de France&nbsp;? D’ailleurs il y a quelques générations de cela la culture française était très différente de ce qu’elle est aujourd’hui&nbsp;: la culture de mes arrières-grands-parents nés au dix-neuvième siècle est aussi éloignée de la culture nationale contemporaine que l’était celle des arrières-grands-parents italiens de ma voisine, lesquels sont venus en France au début du vingtième siècle. La culture ne se transmet pas par les gênes et ma voisine est française rigoureusement de la même manière que moi, ses préjugés, comportements, idées, etc. sont celles véhiculées par la société française sans interférence aucune de ses «&nbsp;origines&nbsp;» italiennes, lesquelles ne sont plus visibles que grâce à (ou à cause de) la rigueur de l’état-civil qui empêche la francisation des patronymes étrangers.
&nbsp;
Les hommes produisent la culture autant qu’ils sont produits par elle. Aussi, dans une société ouverte et véritablement cosmopolite, les différences culturelles tendent toujours à s’atténuer parce que les étrangers s’acculturent à la nation qui les accueille et parce que celle-ci absorbe tel ou tel apport culturel (le couscous par exemple) de ceux-là. Un Marocain qui vit pendant trente ans en France n’est plus un Marocain, plus tout à fait, de la même manière qu’un Français qui vivrait pendant trente ans au Maroc&nbsp;; à la condition toutefois de ne pas être enfermé (ou de ne pas s’enfermer) dans un ghetto spatial ou mental. La culture des communautés immigrées est en fait condamnée à mort, lorsque celles-ci vivent au sein de sociétés dynamiques qui ne sont pas obsédées par leurs particularismes nationaux mais plutôt influencées par une conception universaliste de l’humanité.
&nbsp;
Le multiculturalisme est le fruit d’une conception réactionnaire et conservatrice de la société et de l’humanité, celle qui ne voit dans les hommes que les cellules inconscientes d’une société organique, celle qui donne la primauté aux différences communautaires ou nationales sur l’universalité de la condition et de la nature humaine, celle qui, en conséquence, intime aux hommes de perpétuer indéfiniment de supposées traditions ancestrales et voue aux gémonies celui qui attente à la pureté de l’identité communautaire ou nationale. Celle que défend le Front National et, d’une certaine manière, notre nouveau président de la République Nicolas Sarkozy.
&nbsp;
Au multiculturalisme et au particularisme je préfère le cosmopolitisme et l’universalisme, à la Kultur qui est une prison la culture qui élargit l’horizon.
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/205328-le-multiculturalisme-est-un-racisme/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Fri, 01 Jun 2007 00:04:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Il faut interdire les parachutes en or, comme Nicolas Sarkozy le propose.</title>
	<description><![CDATA[Les parachutes en or que s’octroient, avec l’ignominieuse complicité de leurs actionnaires, les présidents de grande entreprise représentent un scandale, une injure adressée aux bons salariés ou travailleurs. Qu’est-ce qu’ils sont méchants, les grands patrons&nbsp;! Et cupides et rapaces&nbsp;! Avec ça qu’ils te licencient plein d’honnêtes salariés ou travailleurs juste pour que leurs actionnaires engraissent un peu plus et leur rendent au centuple. C’est très mal de gagner des sous sur le dos des autres gens, honnêtes en plus&nbsp;: mais pourquoi donc serait-ce mal&nbsp;? Pourquoi empêcherait-on les patrons de s’en foutre plein les poches sur le dos des salariés ou travailleurs&nbsp;?
&nbsp;
S’il s’agissait d’agir au nom d’une redistribution plus juste des profits, s’il s’agissait de lutter contre les abus de pouvoir des actionnaires, je n’aurais rien à y redire. Mais la proposition du président (de la République) à l’endroit des avantages des présidents (de grande entreprise), laquelle vise à interdire les fameux parachutes qui choquent les salariés ou travailleurs honnêtes, relève de la démagogie victimaire la plus abjecte. Il n’appartient pas à l’Etat de rendre illégales des procédures de rétribution abusives auxquelles l’engeance patronale et actionnariale aura élaboré un substitut avant même que la loi les proscrivant paraisse au Journal officiel. Je ne vois pas d’autres expressions pour qualifier ce genre de proposition que celles d’agitation stérile et de manipulation anti-démocratique, agitation et manipulation dont l’évidente inefficacité renforcera l’idée déjà très répandue dans l’opinion publique que le politique ne peut agir sur l’économique, que celui-ci domine toujours celui-là, en fin de compte que la démocratie est une pantalonnade et un jeu de dupes.
&nbsp;
C’est à la société d’intervenir, c’est-à-dire aux salariés ou travailleurs, ces innocentes victimes de&nbsp;la méchante engeance. C’est aux salariés qu’il appartient d’arrêter de se laisser tondre comme des moutons&nbsp;; c’est à eux de cesser de geindre et de pleurnicher sur leur propre sort. C’est à eux d’agir et de se mobiliser contre ce qu’ils jugent indignes dans le fonctionnement des entreprises. A moins que les protestations véhémentes contre les parachutes en or de leurs patrons ne soient, chez les salariés ou travailleurs, que l’expression d’une envie hypocrite et un peu honteuse. Qu’est-ce qui choque véritablement les salariés ou travailleurs, que leurs patrons s’attribuent parfois des émoluments énormes autant qu’indus à l’occasion d’un départ éventuellement précipité, ou que leur propre médiocrité replète leur interdise de se battre contre ce qui les indigne quand aucune puissance extérieure ne retient leurs bras vengeurs&nbsp;? 
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/201627-il-faut-interdire-les-parachutes-en-or-comme-nicolas-sarkozy-le-propose/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Wed, 23 May 2007 22:25:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Le Sens de la vie</title>
	<description><![CDATA[La terre sacrée de nos pères, il faut mourir pour&nbsp;; le grand soir qui va laver toutes les horreurs du monde, il faut mourir pour&nbsp;; le tout-puissant créateur de toutes choses, il faut mourir pour. Mourir et tuer. Pour la Patrie, pour la Révolution, pour Dieu.
&nbsp;
On meurt pour la patrie, la révolution ou le bon dieu pour la même raison&nbsp;: en raison de la capacité de l’un ou l’autre de ces fauteurs de barbarie à donner un sens à nos existences individuelles. On meurt et on tue parce que la vie a un sens, parce que la puissance qui délivre le sens de la vie arrache l’individu aux limites de la condition humaine, qu’elle le propulse hors de l’humanité. Le patriote, le révolutionnaire, le croyant, est investi, ou plutôt, il s’investit de cette puissance mortifère de négation de la mort. Ainsi, arraché à la contingence et à l’inanité de toute existence par l’eschatologie patriotique, révolutionnaire ou religieuse celui qui s’y&nbsp;vautre s’abolit en elle et du coup abolit sa propre mort&nbsp;: celui-là qui meurt pour la patrie, la révolution ou le bon dieu ne meurt jamais vraiment puisque il n’accordait de valeur à son existence qu’en tant qu’elle s’inscrivait dans le Sens de la vie défini par l’objet de sa foi. D’ailleurs la Patrie, la Révolution et le Créateur sont très stricts quant à la célébration de la mémoire des martyrs, célébration qui n’a jamais rien de cynique ou d’hypocrite mais qui rejoue, ad nauseam, la comédie de l’abolition de la mort en tant que finalité de toute existence.
&nbsp;
Le Sens de la vie conduit à Magadan ou à Auschwitz, à Verdun ou au Onze septembre. Vouloir donner un sens à la vie participe de la barbarie.
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/201200-le-sens-de-la-vie/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Tue, 22 May 2007 21:56:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Photo de famille recomposée</title>
	<description><![CDATA[Lors de la passation de pouvoirs, en direct du Palais de l’Elysée, on voyait mercredi dernier Nicolas Sarkozy, Cécilia Sarkozy, le fils né de leur union ainsi que les deux fils nés du premier mariage de Monsieur et les deux filles nées du premier mariage de Madame. Rien que de très naturel à première vue, rien qui me choque en soi. Toutefois n’est-il pas amusant ce petit tableau du catholique anti-soixante-huitard divorcé (alors qu’il était marié à l’église et donc devant Notre Père, et avec deux enfants qui plus est) et remarié avec une femme elle-même divorcée (et mère de deux filles, la démone&nbsp;!)&nbsp;paradant au milieu de sa famille recomposée ? Il crache un peu dans la soupe le monsieur parce que, sans les affreux événements de Mai et la libération des mœurs qui s’en est suivie au cours des années soixante-dix, jamais un homme dans une telle situation matrimoniale, aussi habile politicien fût-il, ne serait parvenu à se faire élire par la majorité du peuple de ce «&nbsp;vieux pays&nbsp;» (pour reprendre l’expression sarkozyste) qu’est la France. 
&nbsp;
Nous sommes en présence d’un joli paradoxe, celui du conservateur qui ne peut gagner que grâce à la libéralisation des mœurs qu’il dénonce, celui du discours conservateur dont la victoire dans les urnes se fonde finalement sur le fait que la société est, elle, acquise à des mœurs libérales, posant le primat de l’épanouissement individuel sur la conformation aux normes sociales. 
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/198651-photo-de-famille-recomposee/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Thu, 17 May 2007 21:03:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Où je clame mon ralliement à Nicolas Sarkozy</title>
	<description><![CDATA[Résistons à la Bête sarkozyste qui monte qui monte&nbsp;! Moi la bête qui monte qu monte ça me faisait rigoler quand j’étais petit, ça faisait guili-guili et c’était bien agréable. Et ça me fait toujours rigoler, différemment. Mais quel est donc le motif de mon rire incongru voire collaborationniste&nbsp;?
&nbsp;
Je rigole, non de Sarkozy parce qu’il est président de la République et qu’il est très mal de rigoler du président, non je rigole des résistants à la Bête immonde. Parce que Sarko est un facho, on peut même dire un nazi, aucune importance&nbsp;: quand on est de gauche, en France, en 2007, ce qui compte c’est de brailler le plus fort possible et pas d’argumenter, encore moins de réfléchir aux solutions à apporter aux problèmes du pays, à plus forte raison aux moyens de mettre en œuvre les politiques les plus utiles à cette fin. Ainsi donc, vu que nous sommes présentement de gauche, nous vitupérerons véhémentement le facho et le nazi, en plus libéral et américain&nbsp;: la preuve qu’il est, le Sarkozy, un facho et un nazi&nbsp;! Et nous vociférerons «&nbsp;Résistance&nbsp;» ou plutôt «&nbsp;Resistencia&nbsp;» parce que ça fait républicain espagnol. 
&nbsp;
Et nous n’omettrons pas de nous offusquer très fort de l’obligation imposée par la Bête qui monte qui monte aux lycéens de France de lire à chaque rentrée la lettre écrite par Guy Mocquet à ses parents avant son exécution pour fait de résistance à l’occupation allemande et à la collaboration vychiste. Nous nous offusquerons parce que c’est très mal de récupérer l’héritage d’un résistant communiste quand on est un méchant fasciste&nbsp;: il nous appartient à nous autres de la gauche, de la vraie gauche, la gauche de gauche qui veut récupérer les richesses volées par les capitalistes pour que tout le monde soit heureux avec tout plein de sous tout en engageant la France sur le chemin de la décroissance économique (ceux qui disent «&nbsp;incohérence&nbsp;démagogique » ne sont que des fascistes sarkozystes pétainistes pas beaux)&nbsp;; il nous appartient, à nous autres de la vraie gauche l’héritage de la Résistance nationale au fascisme –en fait pas «&nbsp;nationale&nbsp;» parce que «&nbsp;nationale&nbsp;» est un mot pas beau fasciste sarkozyste pétainiste. On ne les lâchera pas à l’ennemi nos Résistants.
&nbsp;
D’autant qu’il ne faudrait pas que des vilaines personnes mal intentionnées en viennent à rappeler le pacifisme obstiné de la gauche communiste (staliniste comme trotskiste) tout au long de la très résistible ascension du Führer. La Paix&nbsp;! La Paix&nbsp;! La Paix&nbsp;! Voilà bien la seule politique que les communistes défendirent à chaque étape de la montée en puissance du régime nazi. Les nazis interdisent le Pari communiste et internent à tour de bras communistes et sociaux-démocrates&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils augmentent massivement le budget militaire&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils votent des lois anti-juives et organisent un pogrom&nbsp;contre les Juifs : la Paix&nbsp;! Ils mettent sur pied une politique eugénique de liquidation des handicapés mentaux&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils remilitarisent la Rhénanie où toute présence de l’armée allemande avait été proscrite par le Traité de Versailles à l’issue de la Première Guerre mondiale&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils annexent la République d’Autriche au Troisième Reich&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils démembrent la Tchécoslovaquie et annexent un quart de son territoire&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils signent avec l’URSS un pacte de non-agression et de partage de l’Europe&nbsp;: la Paix&nbsp;! Ils envahissent la Pologne et massacrent par dizaines de milliers Polonais et Juifs&nbsp;: la Paix&nbsp;! La France leur déclare la guerre mais s’enfonce dans une «&nbsp;drôle de guerre&nbsp;»&nbsp;: la Paix&nbsp;! Les nazis envahissent la France&nbsp;: la Paix&nbsp;! L’armée française s’effondre devant la blitzkrieg, la nation s’abolit&nbsp;: la Paix&nbsp;! La Paix&nbsp;! la Paix&nbsp;! la Paix&nbsp;! N’empêche&nbsp;: les résistants nous appartiennent à nous la gauche de gauche, qui n’est bien sûr plus communiste.
&nbsp;
Certes il fut quelques résistants pas communistes mais ça n’a pas d’importance. La réalité historique, comme la réalité sociale, nous autres qui disposons de la vraie vérité anti-libérale anti-fasciste anti-nationaliste anti- anti- anti-, nous autres on s’en fout. On s’en fout parce que «&nbsp;la France éternelle&nbsp;» c’est un truc de facho&nbsp;: et voilà. Les résistants de «&nbsp;la France éternelle&nbsp;» étaient aussi nombreux que les communistes&nbsp;: on s’en tape, c’étaient des fachos. Les communistes en question étaient stalinistes et pas trotskistes&nbsp;: c’est vrai et c’est pour ça que les de «&nbsp;la France éternelle&nbsp;» n’étaient pas des résistants, qu’ils n’ont jamais existé. C’est Nous les Résistants&nbsp;! Nous la vraie gauche, la seule gauche&nbsp;; nous qui ne sommes plus trotskistes, nous qui sommes les boy scouts de l’extrême gauche. Nous qui vociférons, gesticulons, excommunions sans cesse pour mieux dissimuler l’hydre sanglante que nous adorons, adorions, adorerons quoi qu’il arrive, arriva, arrivera. (Nous qui sommes les héritiers de ceux qui ont refusé de s’engager dans la résistance nationale à l’occupation allemande et à la collaboration vychiste.)
&nbsp;
«&nbsp;Le fascisme ne passera pas&nbsp;», tout simplement parce que Sarkozy n’est pas un fasciste mais un démocrate partisan d’une libéralisation de l’économie et d’une politique conservatrice en matière de mœurs. Résistons&nbsp;!
&nbsp;
Résistons à la démagogie des anti-libéraux et des communistes, lesquels sont bien plus dangereux pour les libertés publiques qu’une présidence Sarkozy qui sera, au pire, un mauvais moment à passer mais un moment démocratique dont nous pourrons annihiler un jour, que je souhaite le plus proche possible, les effets nocifs.
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/197959-ou-je-clame-mon-ralliement-a-nicolas-sarkozy/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Wed, 16 May 2007 20:48:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>La bananeraie</title>
	<description><![CDATA[
Parmi les projets de réforme les plus controversés de Nicolas Sarkozy figure l’instauration de «&nbsp;peines plancher&nbsp;» pour les criminels multirécidivistes. Or il semblerait, d’après Le Monde, qu’une telle proposition soit inconstitutionnelle, en conséquence de quoi le Conseil constitutionnel risquerait de l’invalider. Mais rien n’effraie ni n’arrête l’individu : si la proposition est déclarée non conforme à la constitution de la Cinquième République M. Sarkozy convoquera le parlement en congrès à Versailles afin que celui-ci ait la bonté extrême de bien vouloir changer la constitution, de sorte que les peines plancher d’inconstitutionnelles deviennent constitutionnelles.
&nbsp;
En fait le futur nouveau président de la République n’est pas le premier à agir ainsi, tous les gouvernements réforment la constitution selon leur bon vouloir. Or, paraît-il, la Constitution a pour objet d'instituer les règles de droit fondamentales concernant la nature de l'Etat, le régime politique, la désignation des gouvernants et la définition de leurs compétences, les libertés et les droits garantis aux individus et aux groupes sociaux&nbsp;: c’est du moins ce qu’on peut lire sur le site du Conseil constitutionnel sous la plume de Georges Vedel, en guise de définition. 
&nbsp;
Peut-on, en conséquence, considérer comme républicain un régime dont la définition des principes dépend de fait de la volonté d’un seul homme, celui qui mène la majorité&nbsp;? En effet, et c’est toujours le cas, la procédure de révision par la réunion des deux chambres n’est qu’une comédie dont chacun connaît à l’avance l’issue&nbsp;: un «&nbsp;oui&nbsp;» franc et massif du Parlement. En gros la constitution française n’est qu’un bout de papier sans valeur&nbsp;et si la France est une république c’est d’une république bananière qu’il s’agit&nbsp;! 
&nbsp;
La république, censément, représente un régime où la souveraineté réside dans le peuple mais si le texte qui définit les fondements de la République française peut être révisé sans consultation du peuple français c’est bien que cette souveraineté ne signifie strictement rien. Si encore ces révisions étaient peu fréquentes, comme c’est le cas aux Etats-Unis où la Constitution a été amendée 27 fois depuis 1787, mais en France il ne se passe pour ainsi dire pas une année sans convocation du Congrès afin d’enregistrer la dernière oukase constitutionnelle du président de la République.
&nbsp;
En Suisse les réformes constitutionnelles sont assez courantes, toutefois ces réformes sont avalisées ou invalidées directement par le peuple et non par une bande de notables sans personnalité dont la seule fonction est de donner corps à la fiction républicaine. Seul le peuple suisse peut réformer un article de la Constitution fédérale et même un simple alinéa&nbsp;; idem au niveau de chaque canton dont la moindre réforme de la Constitution implique la tenue d’un référendum. La Confédération helvétique ne serait-elle pas davantage républicaine que la République française&nbsp;?
&nbsp;
Si le texte qui est censé tenir lieu de loi fondamentale n’est qu’un tas de feuilles de papier sans utilité, on est en droit de mettre en cause la légitimité des institutions puisque ces dernières ne peuvent plus être considérées comme nationales de même que, plus globalement, il est aisé de ravaler l’Etat au rang de propriété privée du chef de l’Etat. Si l’Etat n’est qu’une propriété privée et non l’émanation de la volonté de la nation afin d’assurer la défense et la promotion de l’intérêt général sous toutes ses formes, alors l’impôt relève du racket, la loi de l’arbitraire, les institutions de la tyrannie. Et contre la tyrannie chacun sait ce qu’il faut faire&nbsp;!
&nbsp;
Mais personne ne fera rien, mis à part les anarcho-bourrins de la CNT ou les bolcheviks de pacotille de l’extrême gauche (lesquels sont sans doute ravis de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République), et nous continuerons cette comédie de la démocratie française jusqu’au jour où il sera trop tard. Mithridatisation, dirait Philippe Séguin, pour signifier le processus lent par lequel le corps politique s’accoutume par glissements successifs à la dépossession de sa souveraineté sur l’Etat et le gouvernement. 
&nbsp;
&nbsp;
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/197568-la-bananeraie/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Tue, 15 May 2007 21:29:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Les licenciements c'est mal</title>
	<description><![CDATA[Contre l’odieuse agressivité qui s’exerce sur les actionnaires et les capitalistes en France je me dresse avec résolution, empli d’un immense sentiment de dégustation (de dégoût&nbsp;?) devant la multiplication des discours démagogiques dénonçant une rapacité, controuvée&nbsp;! laquelle animerait exclusivement ces gentes gens. Car enfin ces hommes-là, tout vilains qu’ils apparaissent à certains, sont nécessaires au bonheur du travailleur.
&nbsp;
Et c’est vrai&nbsp;: pour que les travailleurs travaillent encore faut-il que le travail prospère, et pour ce faire il a besoin du capital, le travailleur, il a besoin que le capital s’investisse. Reste à déterminer si le capital doit relever de la collectivité publique ou de puissances privées&nbsp;: l’expérience ayant tranché l’affaire il est inutile d’y revenir. Comme le capital privé est plus efficace et plus juste que le capital collectivisé et que les capitalistes privés investissent avec l’espoir de gagner des sous, d’en gagner plus que ce qu’ils ont consenti à investir pour l’heur du travailleur, le travailleur a donc tout intérêt à ce que les capitalistes qui le vampirisent prélèvent une part des bénéfices. Cela, d’ailleurs, personne ne le conteste mis à part les radoteurs de la gauche anti-libérale, et encore pas tous. Là où le bat blesse c’est quand le vampire, plutôt que de préserver son producteur et réservoir d’hémoglobine, tend à lui pomper tout d’un coup les milliards de globules dont il a besoin pour persévérer dans son être pour la mort.
&nbsp;
Premier exemple, le cas d’Airbus avec la décision irrationnelle de se distribuer 99&nbsp;000&nbsp;000 d’euros de dividendes votée par une courte majorité des actionnaires de cette entreprise qui annonçait 10&nbsp;000 suppressions de postes il y a quelques semaines de cela, alors qu’on apprenait que l’ancien patron était parti avec 8,5 millions d’euros dans les fouilles, alors que, paraissait-il, l’entreprise était quasiment ruinée, au bord de la faillite totale, à en croire les dirigeants de la boîte. Tout ça est-il bien sérieux&nbsp;? Si l’entreprise a de quoi reverser de l’argent à ses actionnaires comment se fait-il qu’elle n’en est plus quand il s’agit de payer les salaires de ses employés&nbsp;? 99&nbsp;000&nbsp;000 d’euros, à 30&nbsp;000 euros de salaire annuel moyen (la moyenne française si je ne m’abuse), ça fait de quoi payer 3&nbsp;300 personnes, soit un tiers des suppressions de postes annoncées. S’il est de l’intérêt du travailleur que l’actionnaire gagne de l’argent cet intérêt s’estompe dès lors que le profit légitime se mue en hold-up, comme c’est le cas d’Airbus.
&nbsp;
Second exemple, le cas d’Alcan et d’Alcoa, deux entreprises spécialisées dans la production d’aluminium. La dernière ayant récemment fait part de son intention de croquer la première, qui elle-même avait il y a quelques années bouffer Péchiney, qui elle-même…voilà que surgissent des estimations quant aux suppressions de postes que les «&nbsp;synergies&nbsp;» nées de la fusion des deux groupes ne manqueront pas de susciter. Il n’y a pas de petites économies et l’entreprise grandissant, en expansion, n’a aucune raison de payer des gens à rien foutre&nbsp;: les doublons iront donc pointer à l’agence pour l’emploi du coin. Et puis quand on est prêt à mettre 24 milliards d’euros pour racheter son concurrent il faut bien faire payer la facture à quelqu’un, faut être un peu sérieux. Combien de doublons ruineux devra-t-on licencier&nbsp;? Mettons 10&nbsp;000, histoire de faire un compte rond&nbsp;: à raison là encore de 30&nbsp;000 euros par an de coût par employé pour l’entreprise je dirais que les 24 milliards du prix d’achat représenteraient environ 80 ans de salaires des employés licenciés, c’est-à-dire deux vies actives par personne. 
&nbsp;
Et pourquoi donc devrait-on admettre de telles pratiques&nbsp;? Moralement c’est pas beau de licencier des gens quand on a du pognon plein les poches, cet argument est un peu limité, j’en conviens, mais il y en a un autre, probant celui-là. En effet quand Airbus ou «&nbsp;Alcoa-Alcan&nbsp;» licencient en masse par pur confort, par pur souci de gaver l’actionnaire comme une oie inconsciente, au-delà même de la méchanceté subie par le malheureux salarié innocent tel l’agneau pascal, ces décisions iniques ont une répercussion sur les finances publiques puisque il faut bien prendre en charge la reconversion et l’indemnisation des nouveaux chômeurs. Or cet argent investi pour compenser la rapacité insatiable de quelques uns aurait tout aussi bien pu servir à autre chose, par exemple aux universités, aux infrastructures, à toutes ces choses dont le financement par la collectivité publique est nécessaire à l’essor…de l’économie capitaliste&nbsp;! En fait il faut empêcher les actionnaires de se laisser aller à leur bêtise coutumière en faisant en sorte, si ce n’est d’en finir avec ces pratiques peu reluisantes au moins d’en atténuer les effets nocifs pour la collectivité.
&nbsp;
Si j’étais démagogue je dirais qu’il faut interdire les licenciements et je m’appellerais Olivier Besancenot, je serais tout rouge de partout et je ferais les gros yeux parce que quand même des fois faut pas pousser non plus. Plus modestement et plus utilement pour tout le monde pourquoi n’obligerait-on pas les entreprises qui licencient suite à une fusion ou malgré le reversement de dividendes somptueux aux actionnaires à prendre en charge intégralement le coût financier, aujourd’hui imputé à la collectivité, du retour à l’emploi du salarié licencié&nbsp;: allocation chômage, coût administratif induit par le traitement du dossier du nouveau chômeur par l’agence pour l’emploi et la caisse d’indemnisation, dépenses de formation, etc.&nbsp;?
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/195128-les-licenciements-c-39-est-mal/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Thu, 10 May 2007 21:37:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Bis repetita placent</title>
	<description><![CDATA[Tout sauf Berlusconi, clamait la gauche italienne en 2001. Tout sauf Bush, clamait la gauche américaine en 2004. Tout sauf Sarkozy, clamait la gauche française en 2007. Quels furent les résultats de ces appels à un vote de barrage contre le grand méchant loup de droite&nbsp;? La victoire de la Bête à chaque fois. Et non seulement victoire mais victoire nette et sans bavure accompagnée d’une très forte mobilisation de l’électorat, c’est-à-dire du peuple souverain. Dans ces trois cas de figure la droite décomplexée assumant ses valeurs, pour reprendre le discours sarkozyste, affichant des intentions à rompre avec les habitudes, dans ces trois cas la droite l’a emporté avec une facilité assez déconcertante.
&nbsp;
C’est bien la preuve qu’on ne gagne pas une élection par défaut mais en s’appuyant sur ses propres forces, sur un projet cohérent. Le problème, pour la gauche, notamment en France et en Italie où la gauche est très composite, se pose précisément sur ce point du projet. Difficile en effet de concilier la gauche libérale favorable à la mise en œuvre de politique corrective des excès du capitalisme, la gauche radicale dont on ne sait trop si elle est anti-libérale au sens d’opposée à la forme contemporaine, néo-libérale, que prend le capitalisme ou si elle est carrément anti-capitaliste avec, le cas échéant, la question du type de société et d’économie alternative&nbsp;; et n’oublions pas la constellation communiste. Encore s’agit-il là d’un tableau schématique puisque chacune de ces trois tendances est elle-même traversée par divers courants, sans parler des querelles de personnes liées aux ambitions des innombrables leaders qui chacun tend à poser au représentant unique de la vraie gauche de gauche ou de la vraie gauche moderne. Au-delà des tendances idéologiques et des rivalités politiciennes il faut encore prendre en considération la manière dont les milieux sociaux votant pour la gauche perçoivent la réalité et les discours&nbsp;: par exemple, dans le monde ouvrier, le discours anti-immigré et anti-immigration de Le Pen est très majoritaire et si cet électorat vote effectivement à gauche il adhère en même temps aux propositions frontistes pour ce qui relève de cette question particulière, sans qui ne l’empêche nullement de se dire et de se ressentir comme de gauche, et d'être de gauche. Bref, rédiger un projet commun, qui satisfasse tout le monde, relève de la gageure et c’est bien le plus inquiétant à terme.
&nbsp;
En Italie la coalition anti-berlusconienne qui a remporté les élections de 2006 doit surtout sans très court succès à la faiblesse dans la mise en œuvre des réformes libérales plus qu’à une révolte contre ces réformes. A force de tergiverser Berlusconi a fini par lasser une part de son électorat et c’est ce qui a permis à la «&nbsp;gauche&nbsp;» italienne de revenir au pouvoir…sans l’ombre du début d'un projet, tout au plus une série de mesures censées satisfaire tout le monde, des démocrates-chrétiens anti-berlusconistes aux communistes purs et durs. En fait, dans un contexte de balkanisation de la gauche et d’opposition radicale à l’intérieur des tendances de la gauche, il semble plus facile de se focaliser sur la personnalité de l’adversaire en le fascisant, comme le fait plus ou moins la gauche française avec Sarkozy. A voir la réaction des représentants de la gauche suite à l’échec de Royal, lesquels, au lieu de tenter de comprendre les raisons de cet échec, abolissent chacun la réalité en prétendant, pour les uns, que c’est parce que la gauche n’est pas assez réformiste que la défaite a été consommée, pour les autres, que c’est parce que la gauche n’est pas assez radicale –à voir la réaction de ces braves gens je me dis que si le Sarkozy a le courage d’aller au bout de ses propositions sans céder aux mouvements sociaux qui apparaîtront, alors il est quasiment certain de l’emporter à nouveau en 2012 puisque, à gauche, tout continue comme si de rien n’avait été, puisque, à gauche, la guerre intestine continue et risque de continuer…
&nbsp;
Tout sauf Berlusconi, tout sauf Bush, tout sauf Sarkozy&nbsp;: tout sauf succès&nbsp;! Ce dont la gauche française a besoin afin de préparer l’avenir c’est d’un projet cohérent qui dépasse les querelles de ses diverses sectes, un projet cohérent qui soit porté par une personnalité incontestée désignée longtemps à l’avance comme leader de l’opposition puis comme candidat. Ce dont la gauche française a besoin c’est d’apprendre à regarder le monde tel qu’il est, à commencer par sa propre réalité, celle d’un ensemble de courants de pensée divers mais qui ne peuvent l’emporter et s’imposer qu’unis par delà leurs divergences et sans barguigner autour d'un projet commun, à la réaction duquel il serait bon de s'atteler dès maintenant : puisque chacun devra faire des concessions douloureuses mieux vaut s'y prendre le plus longtemps à l'avance possible. Un peu de tolérance et d’ouverture d’esprit, à moins de vouloir à nouveau se taper une longue période de domination de la droite, comme celle que la France a traversé entre 1958 et 1981.
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/195032-bis-repetita-placent/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Thu, 10 May 2007 01:55:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Vive le libéralisme</title>
	<description><![CDATA[Une révolution libérale&nbsp;: est-ce le sens qu’il faut donner à l’élection de Nicolas Sarkozy ? Jusqu’à présent les candidats à la présidence de la République se gardaient de paraître libéral, de passer pour tel. D’une certaine manière on pouvait interpréter les échecs successifs des majorités en place, leur incapacité à effectuer plus d’un mandat avant d’être remplacées brutalement à chaque nouvelle élection par une majorité opposée, par un refus des Français des politiques libérales. En France l’étiquette libérale vouait à l’échec n’importe quel candidat à la magistrature suprême&nbsp;; être taxé de libéral constituait une infamie rédhibitoire à tout aspirant président ou premier ministre&nbsp;: c’est sans doute cela qui a causé l’échec retentissant de Jospin au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, cela bien plus que l’insécurité, n’en déplaise à la gauche bien-pensante comme à la gauche communiste, lesquelles oublient par confort que c’est le centre et la droite républicaine qui furent laminés en ce funeste 21 avril puisque, quand le nombre de suffrages exprimés chutait de 1,9 million entre 1995 et 2002 la gauche en perdait seulement 0,2 millions d’électeurs. 
&nbsp;
Quelqu’ait été la teneur des discours de campagne de Nicolas Sarkozy, et même si le candidat de l’UMP ne s’est pas présenté exclusivement comme libéral, il n’en reste pas moins qu’il n’a jamais nié être libéral, partisan du libéralisme économique, qu’il ne s’en est jamais caché. Et ça, quoi qu’on en dise ou pense, ça constitue bien un changement profond dans la vie politique française&nbsp;: c’est déjà une première rupture politique importante, infiniment plus intéressante que les criailleries vides de sens contre «&nbsp;Sarko facho&nbsp;». D’autant plus que Sarkozy n’a pas été élu par défaut&nbsp;: avec 85% de participation et 53% des suffrages qui se sont portés sur son nom force est de constater que le vote Sarkozy a bien été un vote d’adhésion et pas un accident de parcours. Cette élection nette, voire triomphale, ne marque-t-elle pas la fin du croquemitaine libéral&nbsp;au sein de la société française ? Au vu du nombre toujours très faible d’actionnaires individuels en France ainsi que de la diminution de 1% du nombre de Plans d’épargne en actions en 2006 on est en droit de considérer cette évolution comme relevant davantage de l’idéologie que des pratiques sociales.
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/194364-vive-le-liberalisme/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Tue, 08 May 2007 20:46:00 +0200</pubDate> 
</item>

<item>
	<title>Une apologie de la veulerie </title>
	<description><![CDATA[Les tyrans et les rois, maîtres de toutes les bonnes choses de la vie, dont ils ont l’expérience, mettent leurs plaisirs à la première place, car le plaisir rend la nature humaine plus noble. En tout, toutes les personnes qui s’adonnent au plaisir et choisissent une vie de luxe sont nobles et généreux&nbsp;: ainsi les Perses et les Mèdes. Car, plus qu’aucun autre peuple dans le monde, ils s’adonnent au plaisir et au luxe, et tout en même temps pourtant ils sont les plus nobles et les plus courageux des Barbares. En fait, jouir du plaisir et du luxe est la marque des hommes libres&nbsp;: cela délie et élève l’esprit. Au contraire vivre une vie de travail est la marque des esclaves et des hommes de basse naissance.
&nbsp;
Héraclite du Pont, Du Plaisir
&nbsp;
Le travail est le propre des âmes basses&nbsp;; le plaisir celui des âmes nobles. Si j’en crois le discours de ces adeptes du sacrifice que sont les patrons français, lesquels s’enorgueillissent de travailler abondamment, de travailler tout le temps, de travailler sans fin, il semblerait que notre époque est effectuée une véritable transvaluation du travail et du plaisir&nbsp;: l’âme noble travaillant beaucoup, déclarant publiquement qu’elle travaille et travaille sans jamais de repos&nbsp;; l’âme vile se vautrant dans la paresse subventionnée par la collectivité, sans vergogne préfère le plaisir nonchalant. Je me demande bien quel peut être l’intérêt, pour les patrons français, de se tuer au travail si la seule fin de leur quête épuisante est de pouvoir travailler toujours plus. Chercher la puissance pour vivre oisif une existence voluptueuse, tels ces tyrans et ces rois antiques, ça se comprend, ça serait même louable si ce hardi nonchaloir ne reposait pas sur la réduction en esclavage ou quasi de populations entières. Mais nos patrons modernes, malgré qu’ils esclavagent (du verbe esclavager, qui existe et devrait être réhabilité parce qu’il est plus gracieux que le verbe usité quelquefois de «&nbsp;esclavagiser&nbsp;») autant, n’en profitent même pas pour ne rien glander&nbsp;; ils vivent de la sueur d’autrui comme les susnommés mais plutôt que d’en jouir et se construire une existence toute d’agréments ils préfèrent se servir de leurs presque esclaves afin de se trouver de nouvelles raisons de travailler encore et toujours. Sont-ils bêtes&nbsp;? 
&nbsp;
Assurément ce sont gens plus sympathiques que les empaleurs, broyeurs de tête et reproducteurs effrénés de la Perse ou de la Médie, plus sympathiques du point de vue de l’esclave qui n’en est plus tout à fait un, lequel ne vit plus dans la terreur, lequel est libre. Libre en effet je suis et fier de travailler 25 heures par semaine payées 35 c’est-à-dire 39 c’est-à-dire 40 c’est-à-dire 48 c’est-à-dire 60. Je ne travaille pas beaucoup et j’affirme que tout le monde devrait en faire autant. Ainsi les hordes populacières seraient-elles moins fatiguées, moins stressées, moins abruties. C’est fou tout ce qu’on peut faire quand on ne fait rien&nbsp;: il suffit de demander aux retraités qui n’ont jamais une seconde de libre, toujours en vadrouille. En fait, moi je ne fais rien. Je lis des livres et des journaux et des blogs, et souvent je n’y comprends rien. Je me ballade en ville la nuit où je croise des chats sauvages plus souvent que des hommes –d’ailleurs c’est aussi bien car croiser un type dans la rue à une heure du matin est affreusement gênant, tout juste si on ne se sent pas obligé de lui dire bonjour comme à un voisin&nbsp;; et je ne parle même pas des mauvaises personnes qui marchent à plusieurs, chose rarissime à plus forte raison dans une ville, chef-lieu d’arrondissement, de 16&nbsp;413 habitants (20&nbsp;007 dans la communauté de communes), rarissime mais pas impossible. «&nbsp;Je me ballade&nbsp;» est sans doute excessif vu que dans une ville comme Argentan, de jour comme de nuit, il est assez peu de choses à voir&nbsp;: il n’y a que les noms de rue qui présentent quelque intérêt, en se forçant. Autrement, j’ai beau réfléchir, je ne vois rien à dire quant à mes activités et mes loisirs bien que je jouisse d’un temps libre considérable.
&nbsp;
En fait le temps libre importe peu, ce qui rend la vie douce c’est de ne rien faire, absolument rien. Comme un tyran ou un roi, sans les esclaves, sans les pals, sans les passages de tête au broyeur, sans la dissémination génétique. Sans harem, mais ça doit être fatigant&nbsp;: mieux vaut compter sur soi pour assurer la satisfaction de la bête, de toute façon ça revient au même, l’épuisement et la frustration en moins. Si tout le monde faisait comme moi, les gens s’ennuieraient moins car seuls les actifs s’ennuient, les natures contemplatives, indolentes et veules, accoutumées à ne faire rien, à n’occuper en rien le temps qui ne leur est pas de l’argent, observent et entendent, attendent et nuisent assez peu, finalement, à l’environnement vu que pour consommer il faut faire les magasins et que faire les magasins c’est encore en faire beaucoup trop. Si les hommes travaillaient moins ils tromperaient davantage leurs femmes, surtout virtuellement&nbsp;; et leurs femmes qui travailleraient toujours plus car il est juste que les femmes travaillent plus que les hommes, pour des raisons tellement nombreuses qu’il serait vain de les énumérer ici, travailleraient moins quand même par rapport à ce qu’elles travaillent aujourd’hui et vivraient davantage. Si les hommes et les femmes travaillaient moins ils vivraient plus, s’ils vivaient plus ils goûteraient la lenteur, l’existence lente languide qui fait la mort réelle, qui l’inclut dans l’existence.
&nbsp;
D’après moi qui n’aie aucune qualification à émettre pareille idée, les hommes ont peur de la mort parce qu’ils s’agitent en tout sens sans savoir pourquoi, parce qu’ils dissipent leur âge, que toujours ils souhaitent d’être ailleurs. Quand on ne fait rien et qu’on n’a rien, hors ce qui rend la vie confortable, ça n’est guère réjouissant mais il faut bien regarder le peu de choses que l’on perçoit en face. Surtout, la veulerie, à force de faire sa proie se retirer du monde, de la lutte, le déprend de cette névrose contemporaine qui donne aux hommes de bonne volonté le sentiment que par l’action tout est possible, que tout est à portée de main, le monde et la vie apparaissant alors à ces grands malades de la normalité moderne comme un champ infini de possibilités. Pour l’homme de bonne volonté, qui se complaît dans son inexorable individualité, la perspective de la mort résonne comme un échec&nbsp;: ça le déprime et le rend tout triste de se sentir incapable de rien faire et il en vient à trouver que la vie est absurde, ce qui le déprime encore plus. Or la déprime coûte des sous à la Sécurité sociale. Si l’homme de bonne volonté par son agitation anxiogène creuse le déficit des assurances sociales, la veulerie ne devrait-elle pas être portée aux nues&nbsp;? Ne devrait-on pas vouer aux gémonies les zélateurs du travail et de l’action&nbsp;? Pour n’être ni déçu ni angoissé je suggère de travailler le moins possible, surtout de mettre son temps libre à profit pour éloigner tout labeur, du genre faire le ménage, activité à peu près inutile dans la plupart des pièces de la maison, voire nocives pour les enfants en bas âge dont le petit organisme, à cause d’une asepsie d’émanation généralement maternelle, ne s’accoutumant pas à bouter les microbes hors de ses cellules finit par contracter toutes sortes d’allergies désagréables&nbsp;: à bas les aspirateurs qui nous oppriment et vive le balai qui, de par sa moindre efficacité, refroidit les exaltations ménagères&nbsp;!
&nbsp;
Et puis quand on ne fait rien, on cherche, calme, l’agrément et le plaisir. Une vie d’agrément et de plaisir restreint la propension contemporaine à l’angoisse, laquelle est induite par l’action et l’appropriation ainsi que je l’évoquais admirablement plus haut. Or, moins angoissé, l’homme est aussi moins agressif, moins paranoïaque&nbsp;: il est moins tenté de construire contre toute raison des projets professionnels, ou familiaux, ou dieu saurait quoi encore s’il existait, afin de fuir cet état d’angoisse qui l’étreint&nbsp;; il est moins tenté de devenir maître de son existence et donc moins malheureux quand vient le temps inéluctable où ses projets achoppent sur la réalité peu amène qui nous environne. Tout projet est voué à l’échec parce qu’on ne maîtrise jamais toutes choses qui sont censées y concourir, parce que, s’il réussit, l’homme de bonne volonté à succès se retrouve à son point de départ, quand il projetait pour s’étourdir et se donner l’illusion anxiolytique d’être maître du temps, des choses, de sa vie. Rencontrer le succès c’est s’abolir soi-même, c’est abolir le remède factice qui atténue l’angoisse née de la fuite dans l’action&nbsp;: c’est tremper ses lèvres dans le poison de sa propre inanité. Alors qu’à goûter agrément et plaisir tranquilles l’homme veule approfondit l’instant, vit la fugacité de chaque instant&nbsp;: ainsi vivant il existe sans angoisse et n’a aucune raison de récriminer contre ses congénères&nbsp;; ainsi vivant il crée son existence à chaque instant dans lequel il se vautre, à chaque pas qu’il marche il sourit du destin qu’il éploie imperturbable.
&nbsp;
L’homme est un animal qui marche vers la mort&nbsp;: agir c’est repousser toujours l’instant et s’absolutiser dans ce néant popularisé sous le nom absurde d’avenir, l’action est en fait une eau stagnante, c’est le reniement de la fin de l’animal qui marche&nbsp;: la mort qui seule donne un sens à la vie. Et vivre ce jour d’hui c’est dérouler le temps en soi plutôt que de le nier, marcher vers la mort quiet. C’est le contraire de la barbarie nihiliste de la société libérale que nous nous exténuons à perpétuer, du monde des agents et des propriétaires. 
]]></description>
	<link>http://animalcubique.zeblog.com/191838-une-apologie-de-la-veulerie/</link>
	<author>Vincent Carel</author>
	<pubDate>Fri, 04 May 2007 00:11:00 +0200</pubDate> 
</item>

</channel>
</rss>