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Vincent Carel

Péroraisons dérisoires et vilenies absurdes d'un butor prétentieux

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Protect me from what I want

Par Vincent Carel :: mercredi 25 avril 2007 à 0:44 :: Reglements de compte

« On ne m’achètera pas avec une circonscription », dixit Olivier Besancenot. A qui donc s’adresse cette affirmation passionnée autant qu’inflexible ? Aux socialistes ? Probabilité très mince, les socialistes n’ayant guère intérêt à se lester d’un poids pareil de communistes purs et durs. Cette adresse vise plutôt le Parti Communiste Français. En clair il s’agit pour la Ligue Communiste Révolutionnaire de marquer sa différence, sa vraie radicalité, son incorruptibilité idéologique en soulignant lourdement les compromissions auxquelles se livrent les autres communistes, ceux du PCF, qui sacrifient la sainte idéologie collectiviste sur l’autel du sauvetage de leurs derniers élus, députés, sénateurs, maires ou conseillers généraux.

 

En fait c’est un procès en trahison qui est intenté par les communistes de la Ligue aux communistes du Parti. La trahison, c’est une belle notion qu’apprécient tous les révolutionnaires de la Terre, une notion qui permet de liquider ses concurrents en radicalisant son discours afin de contraindre ses adversaires à démasquer leur traîtrise, évidemment originelle, ces affidés de la réaction droitière n’ayant embrassé la Révolution qui rachètera les péchés des hommes, que dis-je traître ultra-droitier fasciste que je suis ? la Révolution qui conduira les hommes au paradis, arrière diable contre-révolutionnaire ! ces vampires n’ayant embrassé la Révolution qui réglera tous les problèmes de la Terre par un coup de baguette magique que pour mieux la détruire de l’intérieur.

 

Plus on radicalise son discours politique et plus le nombre de gens qui peuvent s’y reconnaître diminue, plus l’opposition à une radicalisation allant toujours croissante à l’intérieur même du mouvement révolutionnaire devient visible : quand les moins radicaux ou ceux qui refusent la fuite en avant apparaissent au grand jour (la propagande révolutionnaire dira qu’ils ont été démasqués) ils sont alors dénoncés comme traîtres par ceux qui poussent à la radicalisation. La révolution est un processus de radicalisation indéfini qui broie ses thuriféraires les uns après les autres ; et la trahison, ou plutôt l’accusation de trahison portée contre ses adversaires constitue le moyen pour chaque groupe qui prétend à contrôler le mouvement d’éliminer soit les détenteurs temporaires du pouvoir soit d’accéder au pouvoir en prenant le dessus sur une autre faction déployant les mêmes folles ambitions. Or les communistes sont des révolutionnaires, notamment la LCR, laquelle utilise les bonnes vieilles méthodes avec une certaine naïveté ou un certain cynisme, comme si de rien n’était.

 

Après tout pourquoi se priveraient-ils, les Besancenot, Krivine, Bensaïd & Co. ? Dans la mesure où personne n’a le mauvais goût de leur demander de s’expliquer publiquement sur ce genre de discours, inoffensif car nous vivons encore, malheureusement, dans un odieux régime de démocratie bourgeoise oppresseur de ces classes populaires dont les communistes se préoccupent tant, ils auraient tort de se priver, puisque ça marche sur le plan électoral. Il est assez drôle de constater que les braves communistes qui recueillent toujours en France les suffrages et l’assentiment d’une masse extravagante de gens s’excommunient déjà réciproquement les uns les autres alors même qu’ils ne sont pas encore au pouvoir et surtout que la Révolution mondiale n’a pas encore commencé, qu’elle semble pour tout dire assez lointaine…Je balance de manière jouissive mes médiocres sarcasmes à l’encontre de ces méchantes gens qui évitent eux-mêmes de trop se nommer communistes, cela dit, leurs méchantes manières expliquent aussi, par exemple, ces appels récurrents à l’unité, appels à vrai dire aussi récurrents que les divisions entre factions communistes sont permanentes.

 

Comme chacun aura pu le noter durant la campagne présidentielle, et plus généralement depuis que la nation française a désapprouvé la ratification du Traité Constitutionnel Européen, la gauche de la gauche, prête-nom contemporain du marigot communiste, ne cesse d’en appeler à l’unité, quitte à se ridiculiser par son incapacité à fédérer ses innombrables groupuscules. Je crois qu’en la matière le comble du ridicule a été atteint lors de l’annonce des résultats du premier tour de l’élection présidentielle quand les quelques militants du communisme version gentil José Bové altermondialiste anti-malbouffe et anti-tout ce qui n’est pas bien ont cru bon de scander

unité unité unité unité unité unité unité unité

pendant l’allocution hautement attentatoire à toute intelligence humaine que le gentil José Bové a infligé au téléspectateur ultra-autoritaire qui regardait comme un veau les émissions diffusées par les chaînes ultranationalistes de télévision française…

 

(Je laisse à l’hypothétique lecteur le temps d’aller vomir aux toilettes, ou sur le canapé si ça lui dit plutôt, avant de reprendre mon laïus ultra-bushiste et m’excuse de devoir choquer la conscience de l’homme libre sans patrie dont le noble psychisme pourrait ne pas supporter la lecture de cet adjectif par moi honteusement et néo-boulangistiquement employé de « française » pour qualifier la télévision capitaliste. Je prie instamment le lecteur traumatisé d’avoir l’obligeance de m’adresser par courrier postal le reçu qu’il aura la bonté de demander au psychothérapeute qui devra le soigner pour qu’il puisse reprendre une vie militante et de lutte normale au service des victimes de la société afin que je le dédommage d’une lourde dépense curative : pour ce faire qu’il m’envoie un message à animalcubique@yahoo.fr, d’où j’aurai le plaisir hypocrite de lui donner mon adresse dans le monde réel, ou qu’il me laisse un commentaire approbatif en me filant son courriel. Et voilà que je me mets à utiliser la police French Script de Word, à croire que je suis vraiment un anti-communiste néo-fasciste crypro-sarkozyste ultranationaliste à tendance révisionniste, ce qui expliquerait mon ire irrationnelle à l’encontre des communistes et de leur idéal généreux)    

 

…j’en étais donc à l’appel à l’unité de la gauche de la gauche lancée par ce grand homme qui prit lui-même la décision de se jeter dans la bataille après que quatre autres candidats de diverses boutiques communistes se furent proposés aux suffrages des Français (Jésus, Marie, Joseph, voilà que je remets ça avec cette saloperie « française » : c’est moi qui devrais me soigner !). Car c’est un fait que la gauche anti-capitaliste était représentée par trois candidats unitaires, auxquels s’ajoutaient deux autres candidats communistes ne se présentant pas en tant que candidats unitaires.

 

Appels à l’unité et incapacité rédhibitoire à s’unir, scissiparité et unitarisme ne sont nullement des tendances contradictoires, encore moins des paradoxes. En fait c’est, chez les communistes, rigoureusement la même chose, tout bêtement parce que le processus continu de fragmentation de la sphère communiste est le produit de la course en avant permanente vers toujours plus de radicalisation, qui est la logique même de tout mouvement révolutionnaire comme de toute révolution, course qui oblige à se séparer ceux qui sont prêts à avaler des couleuvres dans un gouvernement socialiste en tentant alors d’infléchir les actes et lois du gouvernement en question et ceux qui récusent toute participation au pouvoir pour maintenir la pureté idéologique du mouvement, entre ceux qui pensent la révolution dans le cadre politique de la nation parce qu’ils adhèrent à l’idée nationale et ceux qui n’envisagent la révolution que mondiale, entre ceux qui pensent qu’il faut compter avec l’opposition des cons (les pas communistes) et avancer pas à pas (de loup) et ceux qui veulent tout tout de suite, etc.

 

Dans le bastringue communiste la moindre nuance prend des proportions incommensurables, ce qui est compréhensible quand on souhaite faire du passé table rase. En effet la politique de la table rase pose un problème somme toute assez simple mais aux conséquences considérables : définir précisément en quoi consiste le vieux monde qu’il faut pulvériser car de la définition de ce qui relève de ce vieux monde et doit être aboli dépend l’étendue du travail de dératisation à effectuer. Ainsi, si telle tendance, le PCF pour ne pas le nommer, considère que la famille nucléaire (pour parler pédant) constitue une donnée intangible de l’organisation sociale, alors ladite famille et ce qu’elle implique en terme de mœurs se trouve hors du champ de la table rase. Mais pour les trotskistes qui trouvent que c’est pas beau la famille nucléaire, que ça constitue une structure aliénante du prolétariat, une institution bourgeoise, un déchet du vieux monde, alors la famille nucléaire doit être liquéfiée du côté de la Kolyma. Quand on veut changer le monde il faut être d’accord sur ce qu’est ce monde et sur ce qu’on veut en faire jusque dans le plus petit détail parce que la moindre différence de diagnostic dévie le projet révolutionnaire qui est poursuivi.

 

Ainsi unité et divisions sont irréductibles. Ainsi il s’agit d’une seule et même chose. De fait chaque mouvement communiste, chaque tendance se pense et se pensera toujours comme la seule et unique tendance véritablement communiste, les autres mouvements se réclamant du communisme étant, de son point de vue subjectif, au mieux des déviationnistes et au pire des traîtres. C’est pourquoi la France peut se taper cinq candidats communistes (Marie-Georges Buffet pour le Parti Communiste Français ; José Bové pour les collectifs anti-libéraux  ; Olivier Besancenot pour la Ligue Communiste Révolutionnaire ; Arlette Laguiller pour l’Organisation Communiste Internationaliste, plus connue sous le nom de son organe de presse Lutte Ouvrière ; Gérard Schivardi pour le Parti des Travailleurs) et c’est pourquoi ils sont tous les cinq représentants unitaires de la vraie gauche.

Contre l'automédication défendue par M. Slama sur France Culture

Par Vincent Carel :: lundi 01 janvier 2007 à 1:37 :: Reglements de compte

L’un des avantages que procure le travail de nuit, hormis de réduire l’amplitude horaire de la vie sociale de l’individu concerné pour peu qu’il soit célibataire, hormis d’ajouter des primes additionnelles souvent mirobolantes à des salaires déjà prohibitifs pour la pauvre entreprise écrasée par la concurrence mondialisée, hormis de rendre un peu plus pénible et fragile le sommeil de celui qui a le mauvais goût de souffrir d’insomnies –enfin hormis moult joyeusetés le travail de nuit présente un avantage et un plaisir comparable à nul autre : éviter les matins de France Culture. Etant moi-même citoyen contribuable et redevable, de même que pingre, j’ai pour habitude d’écouter cette antenne publique généralement intéressante, voire enrichissante ; et d’ailleurs, n’étaient les fameux Matins, elle le serait tout court, enrichissante. Comme la vie est mal faite ! Fallait-il donc que je tombe, moi qui entends ces Matins peut-être une fois dans l’année, justement sur Mrs. Slama et Barbier, ci-devant défenseurs du darwinisme social et apôtres de la responsabilité individuelle (ça marche souvent ensemble, je me demande bien pourquoi). La chronique de M. Slama est disponible ici http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/emissions/matins/index.php.

 

Ainsi donc M. Slama se réjouit pesamment de l’audace réformatrice de notre ministre de la santé organisant le développement de l’automédication. Enfin ce qui réjouit surtout M. Slama est cette fameuse responsabilité individuelle dont le ci-devant Barbier nous explique au même moment qu’elle s’est trouvée ruinée par la Sécurité sociale et l’Etat-providence dont la crise salutaire contraindra chacun à se reprendre en main sans plus compter sur la providence d’un Etat qui débilite et amollit : M. Slama se réjouit de ce que l’automédication va augmenter le nombre de médicaments en vente libre et donc non remboursés. Ainsi le fait de débourser responsabilise l’individu qui n’est bien souvent qu’un malade imaginaire, chose bien connue du ci-devant mais que des préventions imbéciles masquent au commun des mortels par ailleurs affiliés à la Sécurité sociale qui porte atteinte à la sélection naturelle –qui attente à la responsabilité individuelle veux-je dire. Il est bien évident que la responsabilité individuelle est une grande chose de même que la sélection naturelle : il est tout aussi évident que le meilleur moyen de responsabiliser l’individu consiste à lui taper dans le portefeuille qu’il a plus fourni qu’il ne le dit, l’hypocrite, mais on ne la fait pas au ci-devant qui sait que la réalité se situe dans les statistiques de l’Insee et de l’Eurostat et qui ne se laisse pas abuser par le « ressenti » du personnel ancillaire. Toujours est-il qu’en faisant payer le malade on le responsabilise : et pourquoi pas après tout ?

 

Mais alors, puisque le prix des médicaments est unitaire, cela implique que le malade imaginaire est responsabilisée relativement à son niveau de fortune : ainsi celui qui gagnera mille euros sera dix fois plus responsabilisée que celui qui en gagnera dix mille quand il achètera un remède coûtant cinquante euros, ce qui représente 5% de son revenu mensuel contre 0,5% de celui du ci-devant, qui doit ses émoluments à son talent et à son excellence bien sûr. Si je suis la logique de Monseigneur, dois-je comprendre que plus les gens sont pauvres plus ils sont responsables et que plus on grimpe l’échelle sociale plus l’irresponsabilité grandit ? De sorte que l’irresponsabilité constituerait un attribut éthique des élites et la responsabilité une injonction faite aux couches inférieures. Mais l’élite n’est-elle pas la crème de la société ? N’est-elle pas le rassemblement des talents et des génies, de l’intelligence et de l’excellence ? D’où j’inférerai que l’irresponsabilité individuelle relève de l’excellence éthique et la responsabilité individuelle d’une tare probablement congénitale. On m’objectera que j’infère à tort et à travers et que mes propos sont la conséquence d’une première nuit de l’année 2007 sans sommeil et on aura raison pour ce qui concerne mon insomnie en ce premier jour de l’an. Mais on aura tort pour la première partie car si M. Slama et son pote Barbier étaient conséquents avec eux-mêmes (ou plutôt si leurs considérations ne transpiraient le mépris aristocratique de classe le plus vulgaire) ils s’insurgeraient contre le prix unitaire des médicaments et exigeraient que chacun paye les médicaments non remboursés en fonction du niveau de ses revenus, de façon à ce que chacun soit également responsable (puisque d’après eux c’est comme ça qu’on rend les gens responsables, en leur faisant les poches plutôt qu’en les éduquant et les informant): ainsi quand le gonze gagnant mille euros payerait cinquante euros sa boîte de j’saispôquoizan le ci-devant qui en gagne lui dix mille payerait la même boîte de j’saispôquoizan cinq cents euros ; mais une telle idée ne leur effleure évidemment pas l’esprit à ces grands esprits, tout emplis qu’ils sont d’une autre idée, tellement plus agréable et conforme à leurs préjugés, que ce sont nécessairement les gonzes et leurs gonzesses (à moins que ce ne soit l’inverse) qui consomment du médicament et du traitement sans raison et juste parce que c’est remboursé et parce qu’ils sont bêtes.

 

Peut-être faut-il développer l’automédication mais que vient faire la « responsabilité individuelle » dans ce débat ? Est-on responsable de tomber malade ? De pouvoir se payer les médicaments ? En fait derrière leurs belles phrases se cache le refus d’un système de prise en charge collective des dépenses de santé dont la finalité n’est autre que permettre à chacun de disposer d’un égal accès aux soins, quelque soit son statut social : ce qu’ils supportent mal c’est qu’on rende invisible les distinctions hiérarchiques au sein de la société, qu’on rende invisible les marqueurs de ces hiérarchies. Alors qu’avec ce qu’ils nomment « responsabilité individuelle » les marqueurs en question se matérialisent établissant la distinction entre ceux qui peuvent payer et ceux qui ne le peuvent pas, ce qui les rassure quant à leur statut. Plus précisément le marqueur social réside dans leur irresponsabilité individuelle car, pour ce qui les concerne, les dépenses de santé n’importent guère, elles représentent un coût négligeable qui permet le gaspillage. Ainsi, en enjoignant aux gonzes de se responsabiliser alors qu’eux-mêmes « s’irresponsabilisent » de manière patente, les ci-devant marquent socialement les hiérarchies dont ils forment les sommités mais des sommités un peu flageolantes et qui ressentent un besoin pressant d’être rassurés quant à leur infatuation.

 

Les maîtres sont gens grotesques

 

Contentieux avec l'administrateur en charge du traitement des commentaires...

Par Vincent Carel :: mercredi 29 novembre 2006 à 20:44 :: Reglements de compte

...aux contributions postées par le camarade Olivier Besancenot sur son blog de campagne en vue de l'élection à la présidence de la République française de 2007.

Voilà pour l'intitulé de mon post: rien qu'avec ça je peux être quasiment certain que le très hypothétique lecteur a déjà fermé la page!

Ainsi donc un jour que je traînassais sur le web je tombai sur ces hautes considérations de M. Besancenot: http://besancenot2007.org/spip.php?article169, où l'on peut lire 8 commentaires bien gentils pour le facteur sauf un qui est hors sujet et qui tape aussi sur le PCF. (J'ai copié l'article un peu plus bas pour aider le généreux lecteur à trancher ce douloureux contentieux).

A cela je décidai de répondre par quelques vérités premières entre autres lieux communs affligeants de bêtise. Seulement, il se trouve que l'administrateur n'a pas jugé opportun de mettre en ligne mon petit envoi. Or je ne comprends pas vraiment pourquoi le monsieur a pris cette ignoble décision à l'encontre de mon innocent commentaire: certes j'y déclare que le Besancenot pourrait bien se rendre coupable de quelque crime si la Révolution survenait mais je m'y présente moi-même comme un assassin potentiel; je n'y tiens pas non plus de propos raciste et n'ai pas l'impression d'être hors sujet puisque j'élargis le débat initié par notre joli facteur: peut-être l'expression "curé trotskiste" par moi utilisée pour qualifier l'individu a-t-elle été jugée insultante? Toujours est-il que j'ai le sentiment d'avoir été censuré -RESISTANCE- par un odieux personnage, un sombre représentant des sinistres "organes" qui ont tyrannisé les peuples de l'empire soviétique au bon vieux temps -j'en fais peut-être un petit peu de trop là, non? 

Voici donc le texte de M. Besancenot:

"Mardi 21 : la honte pour la France

Je regarde médusé sur la chaîne Histoire un documentaire édifiant de Patrick Rotman sur la torture pendant la guerre d’Algérie : l’Ennemi intime. Plus fort que les cris de colère, les photos ou les chiffres, se sont les témoignages des appelés de l’armée française, présent en Algérie durant cette période : acteurs, complices ou spectateurs de la torture, bien peu se sont révoltés contre cette pratique indigne. Du cynisme ordinaire à la barbarie assumée, en passant par les traumatismes enfouis depuis des années, les propos des anciens soldats interviewés sont le meilleur vaccin contre l’oubli. La torture en Algérie, c’est la honte pour la France."

Et voici ma réponse cinglante comme l'éclair:

"Je ne vois pas en quoi la torture pratiquée par des militaires français en Algérie serait une honte pour la France. Torturer les combattants adverses me semble plutôt une méthode banale dans le cadre d’une contre guérilla, banale et universelle. Bien sûr on peut, quand on a une certaine idée de la France, s’attrister que notre armée n’ait pas voulu obvier à ces pratiques criminelles mais enfin, avec un minimum de lucidité, force nous est de constater qu’il s’agit là du lot commun d’une humanité dont la civilisation et la barbarie constituent l’avers et le revers de la même pièce. La guerre, toute guerre, y compris révolutionnaire, aussi codifiée qu’elle soit, aussi conscients qu’en soient les combattants -la guerre est un lieu où les hommes n’ont rien à faire même si la guerre est peut-être le propre de l’homme : c’est la guerre en tant que tel qui est répugnante et c’est bien la guerre comme toutes formes de violence en tant que telles qu’il faut combattre. Pleurnicher sur les inéluctables atrocités où elle nous conduit tous, y compris les braves facteurs de la gauche de la gauche, relève de la branlette morale.

Il en est de même pour la repentance à laquelle nous invite notre curé trotskiste. Battons notre coulpe de vilains Français-qu’on-a-torturé-des-gentils-algériens et pendant ce temps-là les vilains Algériens-qu’on-a-massacré-des-gentils-français pourront battre la leur : et après ? La repentance est sans nul doute la plus immonde saloperie que le christianisme ait jamais inventée ! Encore le christianisme enjoignait-il à chacun de se repentir de ses propres péchés contrairement à notre brave repentance collective ! Mais en nous repentant de crimes que nous n’avons même pas commis que fait-on d’autre si ce n’est nous vautrer dans la contemplation de notre propre bonté d’âme pour mieux nous persuader que nous autres nous sommes différents de ceux-là qui torturent, que nous autres nous aurions réagi différemment de tous ces appelés envoyés dans un pays dont ils n’avaient que faire de l’appartenance ou non à la France et dont la seule et unique préoccupation était de pouvoir rentrer chez eux, et si possible entier. Se repentir des crimes d’autrui n’est jamais qu’un moyen commode de se faire plaisir à peu de frais, de se rassurer quant à son humanité et à sa conscience -quand il ne s’agit pas de se lustrer à l’avance des crimes qu’on est susceptibles de perpétrer le jour de la Révolution, sans parler du jour d’après, celui où l’on se rend compte que tout recommence comme avant, comme toujours.

Pour ma part jamais je ne me repentirai ni de la torture en Algérie, ni de Vichy, ni de la colonisation, ni du génocide vendéen (encore que je ne suis pas certain qu’il soit recommandé par la LCR de se repentir de ce crime de masse, sans doute le pire de l’Histoire de France, qui est pourtant très riche en cette matière), ni de la traite négrière, ni des atrocités de la soldatesque louis-quatorzienne contre la malheureuse nation franc-comtoise dont tout le monde a oublié le calvaire suite à son annexion forcée au Royaume, ni du massacre des Albigeois...Tout ça, toute cette immense saloperie, me révulse et me révolte violemment, me met hors de moi et me donne des envies...de meurtre ! Comme quoi moi aussi je pourrais être un massacreur et un tortionnaire, et c’est bien contre cela qu’il faut se dresser : contre le massacreur et le tortionnaire que je suis, que nous sommes tous, potentiellement.

Mais nous vivons une époque régressive (et non réactionnaire) où chacun se complaît à se penser comme une victime innocente, forcément innocente, et pleurniche, en conséquence, sur les victimes en oubliant que ce qui distingue l’homme du monde animal n’est pas la compassion (dont certains mammifères sont capables) mais la jouissance dans le meurtre et l’orgasme dans la souffrance infligée à autrui. Le paroxysme du plaisir, c’est en se plongeant dans le regard de l’homme ou de la femme auquel on ôte la vie de ses propres mains qu’on y parvient, affirmait le marquis de Sade et je crois profondément qu’il a raison : nous sommes tous des assassins, et même les vraies victimes. N’est-ce pas en nous reconnaissant comme tels que nous pourrons échapper à la malédiction séculaire qui pèse sur l’homme social, que nous pourrons en finir avec la Guerre et l’Injustice qui n’en finissent jamais, que nous pourrons édifier une humanité qui, toujours consciente de sa monstruosité et jamais repentante de ses crimes qu’elle aura reconnu comme sa quintessence, accordera à l’homme social un espace où il pourra vivre sa petite existence inutile et vaine et mourir de sa petite mort inutile et vaine ?"

Quelqu'un daignerait-il condescendre à m'expliquer en quoi ma réponse est hors sujet, en quoi elle profère des insultes racistes ou des insultes tout court, enfin en quoi elle enfreint le règlement édicté par l'administrateur en charge du traitement...

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