Péroraisons dérisoires et vilenies absurdes d'un butor prétentieux
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Lors de la passation de pouvoirs, en direct du Palais de l’Elysée, on voyait mercredi dernier Nicolas Sarkozy, Cécilia Sarkozy, le fils né de leur union ainsi que les deux fils nés du premier mariage de Monsieur et les deux filles nées du premier mariage de Madame. Rien que de très naturel à première vue, rien qui me choque en soi. Toutefois n’est-il pas amusant ce petit tableau du catholique anti-soixante-huitard divorcé (alors qu’il était marié à l’église et donc devant Notre Père, et avec deux enfants qui plus est) et remarié avec une femme elle-même divorcée (et mère de deux filles, la démone !) paradant au milieu de sa famille recomposée ? Il crache un peu dans la soupe le monsieur parce que, sans les affreux événements de Mai et la libération des mœurs qui s’en est suivie au cours des années soixante-dix, jamais un homme dans une telle situation matrimoniale, aussi habile politicien fût-il, ne serait parvenu à se faire élire par la majorité du peuple de ce « vieux pays » (pour reprendre l’expression sarkozyste) qu’est la France.
Nous sommes en présence d’un joli paradoxe, celui du conservateur qui ne peut gagner que grâce à la libéralisation des mœurs qu’il dénonce, celui du discours conservateur dont la victoire dans les urnes se fonde finalement sur le fait que la société est, elle, acquise à des mœurs libérales, posant le primat de l’épanouissement individuel sur la conformation aux normes sociales.