Péroraisons dérisoires et vilenies absurdes d'un butor prétentieux
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Contre l’odieuse agressivité qui s’exerce sur les actionnaires et les capitalistes en France je me dresse avec résolution, empli d’un immense sentiment de dégustation (de dégoût ?) devant la multiplication des discours démagogiques dénonçant une rapacité, controuvée ! laquelle animerait exclusivement ces gentes gens. Car enfin ces hommes-là, tout vilains qu’ils apparaissent à certains, sont nécessaires au bonheur du travailleur.
Et c’est vrai : pour que les travailleurs travaillent encore faut-il que le travail prospère, et pour ce faire il a besoin du capital, le travailleur, il a besoin que le capital s’investisse. Reste à déterminer si le capital doit relever de la collectivité publique ou de puissances privées : l’expérience ayant tranché l’affaire il est inutile d’y revenir. Comme le capital privé est plus efficace et plus juste que le capital collectivisé et que les capitalistes privés investissent avec l’espoir de gagner des sous, d’en gagner plus que ce qu’ils ont consenti à investir pour l’heur du travailleur, le travailleur a donc tout intérêt à ce que les capitalistes qui le vampirisent prélèvent une part des bénéfices. Cela, d’ailleurs, personne ne le conteste mis à part les radoteurs de la gauche anti-libérale, et encore pas tous. Là où le bat blesse c’est quand le vampire, plutôt que de préserver son producteur et réservoir d’hémoglobine, tend à lui pomper tout d’un coup les milliards de globules dont il a besoin pour persévérer dans son être pour la mort.
Premier exemple, le cas d’Airbus avec la décision irrationnelle de se distribuer 99 000 000 d’euros de dividendes votée par une courte majorité des actionnaires de cette entreprise qui annonçait 10 000 suppressions de postes il y a quelques semaines de cela, alors qu’on apprenait que l’ancien patron était parti avec 8,5 millions d’euros dans les fouilles, alors que, paraissait-il, l’entreprise était quasiment ruinée, au bord de la faillite totale, à en croire les dirigeants de la boîte. Tout ça est-il bien sérieux ? Si l’entreprise a de quoi reverser de l’argent à ses actionnaires comment se fait-il qu’elle n’en est plus quand il s’agit de payer les salaires de ses employés ? 99 000 000 d’euros, à 30 000 euros de salaire annuel moyen (la moyenne française si je ne m’abuse), ça fait de quoi payer 3 300 personnes, soit un tiers des suppressions de postes annoncées. S’il est de l’intérêt du travailleur que l’actionnaire gagne de l’argent cet intérêt s’estompe dès lors que le profit légitime se mue en hold-up, comme c’est le cas d’Airbus.
Second exemple, le cas d’Alcan et d’Alcoa, deux entreprises spécialisées dans la production d’aluminium. La dernière ayant récemment fait part de son intention de croquer la première, qui elle-même avait il y a quelques années bouffer Péchiney, qui elle-même…voilà que surgissent des estimations quant aux suppressions de postes que les « synergies » nées de la fusion des deux groupes ne manqueront pas de susciter. Il n’y a pas de petites économies et l’entreprise grandissant, en expansion, n’a aucune raison de payer des gens à rien foutre : les doublons iront donc pointer à l’agence pour l’emploi du coin. Et puis quand on est prêt à mettre 24 milliards d’euros pour racheter son concurrent il faut bien faire payer la facture à quelqu’un, faut être un peu sérieux. Combien de doublons ruineux devra-t-on licencier ? Mettons 10 000, histoire de faire un compte rond : à raison là encore de 30 000 euros par an de coût par employé pour l’entreprise je dirais que les 24 milliards du prix d’achat représenteraient environ 80 ans de salaires des employés licenciés, c’est-à-dire deux vies actives par personne.
Et pourquoi donc devrait-on admettre de telles pratiques ? Moralement c’est pas beau de licencier des gens quand on a du pognon plein les poches, cet argument est un peu limité, j’en conviens, mais il y en a un autre, probant celui-là. En effet quand Airbus ou « Alcoa-Alcan » licencient en masse par pur confort, par pur souci de gaver l’actionnaire comme une oie inconsciente, au-delà même de la méchanceté subie par le malheureux salarié innocent tel l’agneau pascal, ces décisions iniques ont une répercussion sur les finances publiques puisque il faut bien prendre en charge la reconversion et l’indemnisation des nouveaux chômeurs. Or cet argent investi pour compenser la rapacité insatiable de quelques uns aurait tout aussi bien pu servir à autre chose, par exemple aux universités, aux infrastructures, à toutes ces choses dont le financement par la collectivité publique est nécessaire à l’essor…de l’économie capitaliste ! En fait il faut empêcher les actionnaires de se laisser aller à leur bêtise coutumière en faisant en sorte, si ce n’est d’en finir avec ces pratiques peu reluisantes au moins d’en atténuer les effets nocifs pour la collectivité.
Si j’étais démagogue je dirais qu’il faut interdire les licenciements et je m’appellerais Olivier Besancenot, je serais tout rouge de partout et je ferais les gros yeux parce que quand même des fois faut pas pousser non plus. Plus modestement et plus utilement pour tout le monde pourquoi n’obligerait-on pas les entreprises qui licencient suite à une fusion ou malgré le reversement de dividendes somptueux aux actionnaires à prendre en charge intégralement le coût financier, aujourd’hui imputé à la collectivité, du retour à l’emploi du salarié licencié : allocation chômage, coût administratif induit par le traitement du dossier du nouveau chômeur par l’agence pour l’emploi et la caisse d’indemnisation, dépenses de formation, etc. ?