» Opinions idiotes (http://animalcubique.zeblog.com/)

Vincent Carel

Péroraisons dérisoires et vilenies absurdes d'un butor prétentieux

Calendrier

« Septembre 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930 

Blog

Catégories

Derniers billets

Pages

Compteurs

Liens

Fils RSS

Bis repetita placent

Par Vincent Carel :: jeudi 10 mai 2007 à 1:55 :: La politique me fait rire

Tout sauf Berlusconi, clamait la gauche italienne en 2001. Tout sauf Bush, clamait la gauche américaine en 2004. Tout sauf Sarkozy, clamait la gauche française en 2007. Quels furent les résultats de ces appels à un vote de barrage contre le grand méchant loup de droite ? La victoire de la Bête à chaque fois. Et non seulement victoire mais victoire nette et sans bavure accompagnée d’une très forte mobilisation de l’électorat, c’est-à-dire du peuple souverain. Dans ces trois cas de figure la droite décomplexée assumant ses valeurs, pour reprendre le discours sarkozyste, affichant des intentions à rompre avec les habitudes, dans ces trois cas la droite l’a emporté avec une facilité assez déconcertante.

 

C’est bien la preuve qu’on ne gagne pas une élection par défaut mais en s’appuyant sur ses propres forces, sur un projet cohérent. Le problème, pour la gauche, notamment en France et en Italie où la gauche est très composite, se pose précisément sur ce point du projet. Difficile en effet de concilier la gauche libérale favorable à la mise en œuvre de politique corrective des excès du capitalisme, la gauche radicale dont on ne sait trop si elle est anti-libérale au sens d’opposée à la forme contemporaine, néo-libérale, que prend le capitalisme ou si elle est carrément anti-capitaliste avec, le cas échéant, la question du type de société et d’économie alternative ; et n’oublions pas la constellation communiste. Encore s’agit-il là d’un tableau schématique puisque chacune de ces trois tendances est elle-même traversée par divers courants, sans parler des querelles de personnes liées aux ambitions des innombrables leaders qui chacun tend à poser au représentant unique de la vraie gauche de gauche ou de la vraie gauche moderne. Au-delà des tendances idéologiques et des rivalités politiciennes il faut encore prendre en considération la manière dont les milieux sociaux votant pour la gauche perçoivent la réalité et les discours : par exemple, dans le monde ouvrier, le discours anti-immigré et anti-immigration de Le Pen est très majoritaire et si cet électorat vote effectivement à gauche il adhère en même temps aux propositions frontistes pour ce qui relève de cette question particulière, sans qui ne l’empêche nullement de se dire et de se ressentir comme de gauche, et d'être de gauche. Bref, rédiger un projet commun, qui satisfasse tout le monde, relève de la gageure et c’est bien le plus inquiétant à terme.

 

En Italie la coalition anti-berlusconienne qui a remporté les élections de 2006 doit surtout sans très court succès à la faiblesse dans la mise en œuvre des réformes libérales plus qu’à une révolte contre ces réformes. A force de tergiverser Berlusconi a fini par lasser une part de son électorat et c’est ce qui a permis à la « gauche » italienne de revenir au pouvoir…sans l’ombre du début d'un projet, tout au plus une série de mesures censées satisfaire tout le monde, des démocrates-chrétiens anti-berlusconistes aux communistes purs et durs. En fait, dans un contexte de balkanisation de la gauche et d’opposition radicale à l’intérieur des tendances de la gauche, il semble plus facile de se focaliser sur la personnalité de l’adversaire en le fascisant, comme le fait plus ou moins la gauche française avec Sarkozy. A voir la réaction des représentants de la gauche suite à l’échec de Royal, lesquels, au lieu de tenter de comprendre les raisons de cet échec, abolissent chacun la réalité en prétendant, pour les uns, que c’est parce que la gauche n’est pas assez réformiste que la défaite a été consommée, pour les autres, que c’est parce que la gauche n’est pas assez radicale –à voir la réaction de ces braves gens je me dis que si le Sarkozy a le courage d’aller au bout de ses propositions sans céder aux mouvements sociaux qui apparaîtront, alors il est quasiment certain de l’emporter à nouveau en 2012 puisque, à gauche, tout continue comme si de rien n’avait été, puisque, à gauche, la guerre intestine continue et risque de continuer…

 

Tout sauf Berlusconi, tout sauf Bush, tout sauf Sarkozy : tout sauf succès ! Ce dont la gauche française a besoin afin de préparer l’avenir c’est d’un projet cohérent qui dépasse les querelles de ses diverses sectes, un projet cohérent qui soit porté par une personnalité incontestée désignée longtemps à l’avance comme leader de l’opposition puis comme candidat. Ce dont la gauche française a besoin c’est d’apprendre à regarder le monde tel qu’il est, à commencer par sa propre réalité, celle d’un ensemble de courants de pensée divers mais qui ne peuvent l’emporter et s’imposer qu’unis par delà leurs divergences et sans barguigner autour d'un projet commun, à la réaction duquel il serait bon de s'atteler dès maintenant : puisque chacun devra faire des concessions douloureuses mieux vaut s'y prendre le plus longtemps à l'avance possible. Un peu de tolérance et d’ouverture d’esprit, à moins de vouloir à nouveau se taper une longue période de domination de la droite, comme celle que la France a traversé entre 1958 et 1981.

Trackbacks

Pour faire un trackback sur ce billet : http://animalcubique.zeblog.com/trackback.php?e_id=195032

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

Ajouter un commentaire

Nom ou pseudo :


Email (facultatif) :


Site Web (facultatif) :


Commentaire :


Anti-Spam :
Recopiez le code dans le champ ci-dessus.

 
Opinions idiotes - Blog créé avec ZeBlog