Péroraisons dérisoires et vilenies absurdes d'un butor prétentieux
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Une révolution libérale : est-ce le sens qu’il faut donner à l’élection de Nicolas Sarkozy ? Jusqu’à présent les candidats à la présidence de la République se gardaient de paraître libéral, de passer pour tel. D’une certaine manière on pouvait interpréter les échecs successifs des majorités en place, leur incapacité à effectuer plus d’un mandat avant d’être remplacées brutalement à chaque nouvelle élection par une majorité opposée, par un refus des Français des politiques libérales. En France l’étiquette libérale vouait à l’échec n’importe quel candidat à la magistrature suprême ; être taxé de libéral constituait une infamie rédhibitoire à tout aspirant président ou premier ministre : c’est sans doute cela qui a causé l’échec retentissant de Jospin au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, cela bien plus que l’insécurité, n’en déplaise à la gauche bien-pensante comme à la gauche communiste, lesquelles oublient par confort que c’est le centre et la droite républicaine qui furent laminés en ce funeste 21 avril puisque, quand le nombre de suffrages exprimés chutait de 1,9 million entre 1995 et 2002 la gauche en perdait seulement 0,2 millions d’électeurs.
Quelqu’ait été la teneur des discours de campagne de Nicolas Sarkozy, et même si le candidat de l’UMP ne s’est pas présenté exclusivement comme libéral, il n’en reste pas moins qu’il n’a jamais nié être libéral, partisan du libéralisme économique, qu’il ne s’en est jamais caché. Et ça, quoi qu’on en dise ou pense, ça constitue bien un changement profond dans la vie politique française : c’est déjà une première rupture politique importante, infiniment plus intéressante que les criailleries vides de sens contre « Sarko facho ». D’autant plus que Sarkozy n’a pas été élu par défaut : avec 85% de participation et 53% des suffrages qui se sont portés sur son nom force est de constater que le vote Sarkozy a bien été un vote d’adhésion et pas un accident de parcours. Cette élection nette, voire triomphale, ne marque-t-elle pas la fin du croquemitaine libéral au sein de la société française ? Au vu du nombre toujours très faible d’actionnaires individuels en France ainsi que de la diminution de 1% du nombre de Plans d’épargne en actions en 2006 on est en droit de considérer cette évolution comme relevant davantage de l’idéologie que des pratiques sociales.